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Du calme! Ce n'est qu'une crise de panique!

Dernière mise à jour : 2 oct. 2020

Je venais d'arriver à Moscou. C'était une matinée tranquille au milieu d'une des plus grandes transitions de ma vie – je quittais l'Asie pour la France au bout d'une douzaine d'années d'exil. J'étais en court stop-over chez ma mère. 


Comme c'est souvent le cas des transitions, le chaos et l'inconnu m'accompagnaient. Mon esprit était souvent embrouillé, et mes pensées, pas des plus joyeuses, prenaient naissance dans ma tête à une vitesse qu'un pilote de course ne peut qu'envier. 


Néanmoins, rien ne pouvait présager quelconque perturbation ce matin-là.  Je sirotais mon café bien chaud, ma mère faisait griller des sirniki (galettes russes à la base du fromage blanc) et une odeur délicieuse remplissait toute la cuisine. 


Quand soudain, une douleur poignarda ma poitrine. Je n'arrivais plus à inspirer correctement, et ma respiration était devenue effrayamment superficielle. J'avais l'impression que mon crâne était devenu prisonnier d'une cage en métal glacial. Les sons avaient l'air de venir du bout d'un tunnel infini. La chambre tournait sur elle-même sans cesse, ouvrant le chemin à une forte nausée. 


Je voulais m'allonger pour amener le sang vers la tête, mais je ne pouvais guère bouger, car à chaque tentative de mouvement la douleur dans la poitrine s'intensifiait. Tous les souvenirs entremêlés des problèmes cardiaques dans ma famille se sont abattus sur moi, et j'ai cru franchement que j'allais mourir ici et maintenant. 


Pendant que ma mère, essayant de garder ses airs calmes pour ne pas m'affoler davantage, tentait de téléphoner au numéro de secours de la capitale russe, de mon côté, je sentais la vie quitter mon corps. Mes doigts étaient devenus gelés, je ne sentais plus mes pieds et je me demandais pourquoi la vie ne défile-t-elle pas devant mes yeux tel un film (en accord avec les témoignages de `ceux qui sont passés par là’). 


L'ambulance est arrivée avant ma mort, comme vous avez pu le deviner. Au bout de quelques dizaines de minutes de tests divers, le verdict est tombé – une crise de panique… Rien que ça ! 


Comment ai-je pu passer à côté de cette éventualité ? Moi qui suis psychothérapeute traitant toutes les semaines les gens qui souffrent de ces crises ? Cela s'explique par le simple fait que lorsque nous vivons cette attaque en toute sa splendeur, nous n'avons pas suffisamment de recul qui nous aurait permis d'avoir un esprit critique et rationnel. La peur de mourir était bien réelle pour moi ce jour-là !


Les crises de paniques, appelées encore « attaques de panique » ou « crises d’angoisse », sont un signal d’alarme déclenché par le corps, traduit par un épisode de peur soudaine et intense.  

Souvent, elles surgissent d'une façon inattendue, dans des situations qui ne sont pas pour autant anxiogènes, comme cela était mon cas. Mais aussi, elles peuvent être plus au moins prévues, liées à des situations particulières. 

Il arrive que la personne puisse expérimenter des attaques de panique qui surviennent pendant le sommeil. Dans ce cas, l'individu se réveille brusquement dans un état d'anxiété élevée, sans raison apparente. Ce phénomène porte le nom de la crise de panique nocturne


La fréquence de ces crises varie selon les individus, elles peuvent se répéter toutes les semaines ou laisser à la personne des mois de répit. Le souffrant peut ressentir une menace constante de ne pas savoir ni quand, ni où, une nouvelle crise va se produire. Ainsi la préoccupation et l’anticipation d’une nouvelle crise peuvent causer une détresse importante et diminuer la qualité de vie de la personne. 


Que se passe-t-il lors d'une crise d'angoisse ?

Lorsque la crise atteint son apogée, en général elle monte en puissance en quelques minutes seulement, la personne peut expérimenter plusieurs symptômes de la liste suivante :

  • Palpitations, rythme cardiaque accéléré

  • Sueurs excessives

  • Démangeaisons, vision floue, sifflements ou bourdonnements dans les oreilles

  • Tremblements

  • Difficulté de respirer/ sensation d'étouffement

  • Douleurs dans la poitrine / ventre 

  • Nausée

  • Malaises, étourdissements, vertiges

  • Bouffées de chaleur / sensation de refroidissement dans les membres 

  • Peur de perte de contrôle / de devenir fou

  • Peur de mourir


Dois-je consulter un spécialiste ? 

Le trouble de la crise de panique est un diagnostic posé aux personnes qui subissent des attaques de panique récurrentes, inattendues et sévères. En dehors de ces épisodes d'attaque de panique, la personne est anxieuse en permanence, parce qu’elle appréhende la répétition de l’attaque. Ces craintes s’accompagnent parfois d’agoraphobie - crainte démesurée de se trouver et d'être observée et jugée dans des lieux publics et/ou de traverser de grands espaces.


Mieux comprendre : La peur est une émotion faisant partie des 6 émotions humaines principales dont la colère, la joie, le dégoût, la surprise et la tristesse. Elle se manifeste comme toutes les émotions dans le corps, à travers des sensations physiques telles que des tremblements, une sensation d’étouffement, une accélération du rythme cardiaque, des douleurs abdominales, de la transpiration, etc. 


L’anxiété, quant à elle, se définie comme étant une peur diffuse, un stress important, latent et permanent. Elle se rapproche de l’angoisse à la différence que le sujet de l’inquiétude est défini contrairement à cette dernière. 


L’anxiété peut aussi être le symptôme de troubles anxieux plus importants. Et s’accompagne d’un sentiment d’insécurité, d’appréhension, de tension, de malaise face à un danger réel ou imaginaire. Ainsi elle entraîne la perte de confiance en soi, l'irritabilité, la mauvaise concentration, la mémoire défaillante, le sentiment d’incapacité à affronter la pression normale liée aux tâches du quotidien. 


Si vous êtes sujets au stress et à l’anxiété et avez développé des crises répétitives et fréquentes qui vous empêchent de vivre correctement, si vous avez recours accru à l’alcool, tabac ou/et autres drogues pour supporter les symptômes, vous devez consulter votre médecin.


Comment gérer une crise ? 

Une crise a une durée moyenne de 20-30 minutes. Il est bon de s'accrocher à cette idée lors d'une attaque. Savoir que l'on ne va pas mourir suite à celle-ci, et que l'événement désagréable est limité en la durée aide considérablement à surmonter l'épreuve. 

Plusieurs techniques peuvent être utilisées pour faire diminuer les symptômes lors d’une crise :

  • Calmer sa respiration, dans un sac en papier par exemple. Aussi je vous invite à apprendre une technique de respiration publiée ici : 

https://www.psychotherapie-integrative.net/post/comment-ralentir-votre-mental-en-3-minutes-chrono

  • Amener l'attention à l'intérieur, fermer les yeux et scanner son corps en notant les sensations présentes dans chaque partie 

  • Détendre ses muscles un par un

  • Se masser les tempes, les épaules et la nuque

  • Amener l'attention vers l'extérieur, penser à autre chose (ex : compter les objets de couleur violette dans votre environnement immédiat) ; prendre conscience des sons qui vous entourent ; parler avec les gens autour de soi ou téléphoner à quelqu’un de confiance 

Aller en avant :

Veuillez réduire votre consommation quotidienne de caféine, de nicotine, d’alcool et de sucre raffiné. La caféine, l’alcool et la nicotine sont autant d’éléments qui stimulent la sécrétion d’adrénaline. 

Si vous consommez de grandes quantités de sucre, votre organisme se hâtera de le stocker dans les tissus, entraînant du même coup une baisse de votre glycémie, suivie d’une sécrétion d’adrénaline pour faire remonter votre taux de sucre sanguin. Résultat ? En plus de la sensation de panique, attendez-vous à ce que vos niveaux d’énergie traversent de véritables montagnes russes (aucune idée pourquoi on les appelle ainsi 😊). 


Buvez plus d'eau. La déshydratation est sans doute l’un des facteurs les plus courants en cas de crises de panique. Si votre organisme est déshydraté, vous aurez la bouche sèche et éprouverez des palpitations. De là à penser qu’on ressent quelque chose comme de la peur, il n’y a qu’un pas. Les cognitions mal adaptives vont entraîner les réactions physiologiques bien tangibles. N'oubliez pas que le corps et l'esprit agissent ensemble et ont une influence l'un sur l'autre en permanence (même logique pour le café et l'accélération du rythme cardiaque, par exemple). 


Ayez recours aux plantes médicinales et aux suppléments alimentaires. Parmi les plantes qui aident le système nerveux à se détendre et à rester calme, mentionnons l’avoine, la passiflore et la valériane. A consommer sous les formes de boissons froides, tisanes, gouttes, huiles essentielles. 

Le magnésium et la vitamine B sont les deux éléments nutritifs dont votre système nerveux a besoin pour mieux résister à la panique.

Tout seul ou avec l'aide de votre praticien, il est possible de gérer ces crises.

Croyez en celle qui est passée par là ! 


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