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Quand le mot « sexe » fait fuir.



Il fait froid dehors, parlons de sujets chauds !


Nous avons tous vu cette blague où le mot « sexe » est placé en haut d'une affiche quelconque pour attirer l’attention des passants. En réalité, le sexe n’est pas toujours associé au plaisir. Notamment pour les personnes souffrant de phobies sexuelles. L’érotophobie est un terme généralisé qui englobe un large éventail de craintes sexuelles. Il est généralement utilisé pour toute phobie liée à la sexualité. L’érotophobie est souvent complexe et de nombreuses personnes souffrantes ont plus d’une peur spécifique. De plus l’intensité des symptômes se place sur un large spectre de gravité. L’érotophobie non traitée peut être dévastatrice et peut amener les personnes atteintes à éviter non seulement les relations amoureuses, mais aussi d’autres formes de contact intime.


Quelques phobies spécifiques


Comme toute phobie, l’érotophobie varie considérablement dans les symptômes et la gravité. C’est une peur très personnalisée qui s’exprime différemment selon les individus. Vous reconnaîtrez peut-être certaines de vos craintes dans cette liste.


La génophobie : c’est la peur des rapports sexuels en général. Beaucoup de gens atteints de génophobie sont en mesure de commencer des relations amoureuses, et peuvent tout à fait profiter des activités telles que les baisers et les câlins, mais ont peur de s’aventurer plus loin dans un affichage plus démonstratif et physique de l’affection. Un véritable blocage s’installe alors.


La phallophobie : comme son nom l’indique, cette phobie se traduit par une grande peur du pénis. Les hommes comme les femmes peuvent en souffrir.

Chez les hommes, c’est une peur d’avoir une érection qui se développe. Chez les femmes, le fait de toucher ou de voir le pénis d’un homme est source d’angoisse.

Cette phobie ne fait pas que limiter le contact sexuel, elle l’annule complètement.


La médomalacuphobie : restons-en aux pénis, si vous le voulez bien, et abordons maintenant la possibilité d’une panne. Cette phobie met la pression aux hommes, car ils ont alors peur de ne pas durer assez longtemps, de ne pas être assez bons, assez virils.

Face à un tel stress, nombreux sont les hommes qui optent pour une totale abstinence sexuelle, afin d’éviter la possible perte d’érection.


La caligynéphobie : c’est une peur infondée des belles femmes. Oui, cela existe ! Souvent, ceux qui sont atteints de cette phobie souffrent de complexe d’infériorité et pensent ne pas mériter tant de beauté et ont peur de ne pas être à la hauteur. On idéalise, on admire la femme qui nous plait, mais on est incapable d’avoir une relation avec elle. Si cela vous arrive, et je ne vous le souhaite pas, qu’un homme vous laisse tomber, dites-vous qu’il est atteint de caligynéphobie 😊


L’androphobie : cette phobie se caractérise par une peur des hommes. Généralement, elle se déclare suite à un évènement traumatisant qui se serait produit durant l’enfance et dont un homme serait la cause.


La peur de l'intimité : la peur de l'intimité est souvent, mais pas toujours, enracinée dans la peur de l’abandon ou de son jumeau, la peur de l'engloutissement. L’engloutissement peut se référer à une tendance à trop s’immerger dans les relations. En fait, beaucoup de gens souffrent d’une peur de l’engloutissement, sabotant les relations pour éviter d’être submergés ou d’étouffer le partenaire. Il est également possible de basculer entre les deux.


La haptophobie : l’haptophobie est la peur irraisonnée du contact physique. Elle se manifeste par une angoisse lorsqu’un corps est en contact avec le corps d’une autre personne que ce soit pour une simple poignée de mains ou la perspective d’un toucher plus intime. L’haptophobie peut parfois être associée avec la gymnophobie (peur de la nudité). Cette peur d'être touché affecte souvent toutes les relations, pas seulement celles d'une nature romantique. Certaines personnes reculent même devant le contact d’un parent.


La gymnophobie : la honte de la nudité. Logiquement, on y vient enfin ! Certaines personnes ont peur d’être nues, d’autres d’avoir des personnes nues autour d'elles. Cette peur peut signaler des problèmes d’image corporelle ou des sentiments d’insuffisance. Les femmes et les hommes qui souffrent de gymnophobie sont obsédés par des corps idéalisés, ce qui provoque en eux un blocage dès lors qu’il s’agit de partager un moment d’intimité avec leur compagnon / compagne.


Peur de la vulnérabilité : comme la peur de l'intimité, la peur de la vulnérabilité est souvent liée à la peur de l'abandon ou à la peur de l'engloutissement. Beaucoup de gens ont peur d’être totalement eux-mêmes, par crainte que les autres ne les acceptent et ne les aiment pas pour ce qu’ils sont. La peur de la vulnérabilité peut affecter de nombreuses relations, tant sexuelles que non sexuelles.


La philematophobie : la peur d’embrasser, ou l’angoisse des baisers peut avoir de nombreuses causes. Elle est souvent liée à des problèmes comme une préoccupation au sujet de la mauvaise haleine ou même la phobie des germes.


Causes


Comme une peur très personnalisée, l’érotophobie peut avoir d'innombrables causes. Dans certains cas, il est difficile voir quasi impossible d’identifier une cause spécifique. Néanmoins, certaines personnes ont davantage de risque en raison d’événements passés ou actuels dans leur vie.


Abus sexuel : bien que toutes les personnes atteintes d’érotophobie n’aient pas été violées ou victimes d’abus sexuels, celles qui ont été traumatisées sont plus à même de développer une forme quelconque d’érotophobie.


Autres traumatismes : les personnes qui ont subi des traumatismes majeurs ont un risque plus élevé de développer des troubles anxieux, y compris des phobies. Si le traumatisme est physique, la personne est susceptible de développer une érotophobie liée au toucher, tandis que ceux qui ont subi de mauvais traitements psychologiques ou émotionnels sont susceptibles de développer des craintes liées à la vulnérabilité et à l’intimité.


Les mœurs personnelles, culturelles et religieuses : bien que de nombreuses religions et sociétés froncent les sourcils sur les rapports sexuels, en dehors de la procréation, suivre ces restrictions ne constitue pas une phobie. Cependant, beaucoup de gens éprouvent des difficultés à essayer d'équilibrer les croyances passées et actuelles. Si l’individu est éloigné d'un contexte restrictif, mais a peur de changer ses modes de pensée et d’action antérieures, il risque probablement de développer une phobie.


Anxiété de performance : parfois, ce n'est pas réellement le sexe que nous craignons. Au lieu de cela, nous nous inquiétons de notre propre capacité à plaire. L’anxiété de performance est particulièrement fréquente chez les jeunes ou inexpérimentés, mais peut survenir à tous les âges et niveaux d’expérience.


Facteurs psychomoteurs : certaines personnes craignent que le sexe ne fasse mal. On entre à ce moment précis dans un cercle vicieux ne sachant plus ce qui est la cause et ce qui est le résultat dans un malaise. Avez-vous entendu parler du vaginisme, par exemple ? La femme qui en souffre contracte, involontairement, les muscles de son vagin, ce qui ne facilite pas la pénétration. C’est un problème inconscient, souvent d’origine psychologique, qui complique la relation sexuelle. À cela peut se lier également la crainte du syndrome du

« pénis captif » ou « penis captivus », lorsque le sexe de l’homme reste coincé dans le vagin suite à la contraction exagérée des muscles du plancher pelvien.


Certaines personnes se demandent si elles seront en mesure d’entreprendre un acte sexuel en raison d’une condition physiologique. Les craintes qui ont une base médicale légitime ne sont pas considérées comme des phobies. Cependant, certaines personnes éprouvent des craintes qui sont loin d’être proportionnelles à la réalité de la situation. Si l’individu éprouve une peur inappropriée aux risques actuels, elle souffre probablement d’une phobie.

L’impuissance elle-même peut provenir de plusieurs sources. Problèmes psychologiques, tels que la dépression par exemple, ou encore des troubles de personnalité (les narcissiques qui parfois ne peuvent pas être « excitées » par un autre individu qu'eux-mêmes).

Le style de vie malsain, la prise de certains médicaments, l’abus de substances toxiques peuvent également générer l’impuissance sexuelle.


Traitement


Parce que l’érotophobie est si complexe, l'intervention d’un professionnel est généralement nécessaire. Les sexothérapeutes sont des professionnels de la santé mentale qui suivent une formation et une certification supplémentaires, et de nombreuses personnes estiment qu'ils sont le meilleur choix pour traiter les troubles sexuels. Cependant, il n’est généralement pas nécessaire de chercher un sexologue, car la plupart des professionnels de la santé mentale sont capables de gérer l'érotophobie.

L’érotophobie répond généralement bien au traitement mis en place à titre individuel. Bien que l’érotophobie complexe puisse prendre du temps et demander des efforts pour le résoudre. Selon la pratique de votre thérapeute, vous devrez peut-être faire face à des souvenirs difficiles et douloureux afin de guérir pour aller de l’avant. Parce que la nature de la peur est si personnelle, il est essentiel que vous trouviez un thérapeute avec qui vous vous sentez vraiment à l’aise.

Bien que l’érotophobie est difficile à vivre, la plupart des gens sont prêts à franchir le pas pour se sentir mieux. Soyez patient avec vous-même, et honnête avec votre thérapeute. Au fil du temps, vos craintes diminueront et vous pourrez apprendre à profiter pleinement de ce que votre corps peut vous offrir et à accepter sainement votre sexualité.

Comme a dit Roger Bussy – Rabutin : « L`absence est à l`amour, ce qu`est au feu le vent ; il éteint le petit, il allume le grand ».

Pour faire court (sans aucune allusion), « allumez le feu ! »

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